La rentrée est là. Et cette année, je la regarde avec une sensation un peu particulière. Après un été où j’ai volontairement privilégié le temps de qualité avec ma famille et mes amis, le mois de septembre arrive avec beaucoup de changements. Mes enfants partent à l’étranger, de nouveaux projets professionnels prennent forme, et je vais moi-même retrouver certains rendez-vous qui me tiennent particulièrement à cœur.
Alors, suis-je prête pour la rentrée ? Je pourrais répondre oui. J’ai mon agenda, mes projets, mes idées… et probablement quelques listes de choses à faire qui attendent déjà sagement leur tour. Mais intérieurement, c’est un peu plus nuancé. Il y a de l’enthousiasme, de la curiosité, une certaine appréhension aussi. Et puis cette sensation étrange que l’été nous demande de ralentir avant que septembre ne nous rappelle gentiment que la vie continue.
Je crois que nous connaissons tous, à des degrés différents, ce petit moment où la rentrée se profile et où nous nous demandons : est-ce que j’ai vraiment envie de reprendre le rythme d’avant ? Ou peut-être que j’ai envie de quelque chose de différent ?
Entre l’envie de retrouver la routine et celle de changer
La rentrée est souvent présentée comme un nouveau départ. On reprend le travail, l’école, les activités, les horaires, les rendez-vous… et tout semble devoir retrouver sa place. Pour certaines personnes, cette perspective est rassurante. Après le désordre joyeux de l’été, retrouver une certaine routine fait du bien. Savoir que les journées ont un rythme, que les activités reprennent, que les habitudes se remettent en place peut apporter un sentiment de sécurité.
Pour d’autres, c’est exactement l’inverse. Le retour au quotidien peut provoquer du stress, de l’appréhension ou même une forme de découragement. On pense aux contraintes qui reviennent, au travail, aux trajets, aux obligations familiales, aux agendas qui se remplissent à nouveau.
Et parfois, derrière cette appréhension du changement, il y a une question plus profonde : est-ce que la vie que je vais retrouver en septembre correspond encore à celle que j’ai envie de vivre ?
C’est une question que je trouve intéressante. Car nous pouvons avoir envie de retrouver notre quotidien et, en même temps, ressentir le besoin de le faire évoluer. Peut-être que nous n’avons pas besoin de choisir entre stabilité et changement. Peut-être pouvons-nous retrouver certains rituels tout en faisant de la place à de nouveaux élans.
Les changements que nous vivons ne sont pas toujours ceux que nous avions prévus
Cette rentrée est particulière pour moi parce que mes enfants partent à l’étranger. Il y a dans ce changement beaucoup de joie et de fierté. Mais il y a aussi ce petit pincement que connaissent sans doute beaucoup de parents lorsque les enfants grandissent et commencent à construire leur propre vie.
Nous pouvons savoir intellectuellement que c’est une étape normale, souhaitable même, et ressentir malgré tout une émotion lorsque nous nous retrouvons face à ce nouveau vide. C’est là que je retrouve quelque chose d’essentiel dans mon approche : nous n’avons pas besoin de choisir entre « je vais bien » et « cela me touche ».
Les deux peuvent être vrais. Je peux être heureuse pour mes enfants et ressentir leur absence. Je peux être enthousiaste pour mes nouveaux projets et avoir un peu peur de l’inconnu. Je peux avoir envie de changement et être rassurée par certaines habitudes. La vie est rarement aussi simple que nos cases d’agenda.
Et peut-être que la première étape pour faire sa rentrée intérieure consiste justement à faire une place à ce qui est là, plutôt que de vouloir immédiatement décider de ce que nous devrions ressentir.
Les rituels peuvent nous aider à donner une place à ce qui compte
J’aime beaucoup les rituels. Pas nécessairement les grands rituels extraordinaires, mais ces petits rendez-vous qui donnent une forme concrète à ce qui est important pour nous : une promenade régulière, un repas partagé, quelques minutes de respiration le matin, un rendez-vous avec une personne que l’on aime, un moment sans téléphone ou une activité qui nous fait du bien.
Ces habitudes peuvent sembler très simples. Pourtant, elles ont une fonction importante : elles matérialisent nos valeurs dans notre quotidien.
Nous pouvons dire que notre famille est importante pour nous. Mais prendre réellement le temps de partager un repas ensemble donne une autre dimension à cette valeur. Nous pouvons dire que notre équilibre nous importe. Mais réserver dans notre agenda un moment pour respirer, marcher ou simplement ne rien faire transforme cette intention en action.
C’est aussi ce que j’aime dans la rentrée. Elle nous donne l’occasion de regarder nos habitudes et de nous demander : lesquelles méritent vraiment de revenir ? Et lesquelles pourraient peut-être rester tranquillement en vacances ?
Parce que tout reprendre exactement comme avant n’est pas nécessairement une obligation.
Et si nous préparions aussi notre rentrée intérieure ?
Nous préparons beaucoup de choses pour septembre. Les fournitures scolaires, les agendas, les inscriptions, les horaires, les réunions, les rendez-vous… Mais nous préparons rarement notre espace intérieur.
Nous ne nous demandons pas toujours comment nous avons envie de vivre les mois qui viennent, ni ce que nous souhaitons préserver lorsque le rythme va s’accélérer. Pourtant, cette préparation peut être très simple.
Qu’est-ce qui m’a fait du bien cet été et que j’aimerais continuer à cultiver ? Qu’est-ce qui m’a manqué ? Qu’est-ce que je souhaite laisser derrière moi ? Qu’est-ce qui me donne de l’énergie ? Qu’est-ce qui compte suffisamment pour que je lui fasse une vraie place dans mon quotidien ?
Ces questions ne demandent pas nécessairement de grandes décisions. Elles peuvent simplement nous aider à retrouver un peu de clarté.
Car nous pouvons facilement entrer dans septembre en mode automatique : répondre aux sollicitations, remplir l’agenda, reprendre les habitudes, faire ce qui est attendu. Et puis, quelques semaines plus tard, nous demander pourquoi nous sommes déjà épuisés.
Faire sa rentrée intérieure, c’est peut-être simplement prendre quelques instants pour choisir consciemment ce que nous voulons emporter avec nous dans cette nouvelle saison.
Retrouver un élan, sans se mettre la pression
Je crois aussi beaucoup à la notion d’élan. L’élan n’est pas la motivation permanente. Ce n’est pas une grande énergie qui nous ferait nous lever chaque matin avec enthousiasme et détermination. Il peut être beaucoup plus subtil.
C’est parfois une petite envie qui revient, une curiosité, une idée que l’on a envie d’explorer, une activité que l’on aimerait reprendre, une rencontre qui nous fait du bien ou un projet qui commence à prendre forme.
Et parfois, pour retrouver cet élan, nous avons d’abord besoin de ralentir. C’est paradoxal, mais nous ne pouvons pas toujours nous forcer à retrouver de l’énergie. Il arrive qu’en faisant moins de bruit autour de nous, nous entendions mieux ce qui cherche à émerger.
C’est aussi pour cela que je souhaite poursuivre cette année les séances de Sophrologie et sagesse, inspirées notamment de mon expérience auprès des personnes que j’accompagne en EMS.
Ces séances sont pour moi un espace particulier : un temps pour ralentir, revenir au corps, à la respiration, aux sensations, mais aussi approfondir notre intériorité et notre manière d’être au monde. Et je trouve que cette exploration prend une dimension particulière lorsqu’elle se fait à plusieurs. Nous avons parfois besoin des autres pour aller plus profondément à notre propre rencontre.
Un rendez-vous pour prendre soin de son espace intérieur
Cette année, j’aurai donc la joie de proposer des séances de sophrologie chaque jeudi à l’heure du déjeuner. J’aime l’idée de ce moment au milieu de la journée : un temps où l’on peut sortir quelques instants du rythme habituel, déposer ce qui est là, respirer, se reconnecter à son corps et retrouver un peu d’espace intérieur avant de poursuivre sa journée.
Ces séances seront ouvertes à toute personne qui souhaite expérimenter la sophrologie et approfondir cette relation à soi. Il ne s’agit pas de chercher à devenir parfaitement calme, parfaitement détendu ou de réussir à faire le vide dans sa tête. Il s’agit plutôt d’apprendre à être là, avec ce qui est présent, avec son corps, ses pensées, ses sensations, ses émotions, et peut-être de retrouver, au milieu de tout cela, un peu plus de clarté sur ce qui compte vraiment.
Une rentrée qui ressemble davantage à ce que nous voulons vivre
Septembre nous invite souvent à repartir. Mais peut-être que repartir ne signifie pas recommencer exactement comme avant.
Nous pouvons garder certains repères et laisser d’autres choses évoluer. Nous pouvons accueillir les changements qui nous sont imposés tout en choisissant ceux que nous souhaitons créer. Nous pouvons ressentir de l’appréhension et avancer malgré elle. Nous pouvons avoir besoin de routine et, en même temps, ressentir un appel vers quelque chose de nouveau.
La vie change, que nous le voulions ou non. Ce que nous pouvons parfois choisir, c’est la manière dont nous allons l’habiter.
Alors, avant de remplir votre agenda de septembre, peut-être pourriez-vous vous offrir quelques minutes pour vous demander : qu’est-ce qui compte vraiment pour moi dans cette nouvelle saison de ma vie ? Et surtout : quelle petite place puis-je lui faire concrètement ?
Pas besoin de tout changer. Pas besoin de prendre dix bonnes résolutions. Peut-être simplement un rendez-vous avec vous-même, une habitude qui vous nourrit, une limite qui vous protège, une personne que vous avez envie de retrouver ou un projet qui mérite enfin un peu de votre attention.
Une rentrée intérieure, finalement, ce n’est peut-être pas préparer notre vie à être plus efficace. C’est préparer notre présence à être davantage là où nous avons envie d’être.
Et si vous avez envie d’explorer cette présence par le corps, la respiration et la sophrologie, je serai heureuse de vous retrouver lors des séances Sophrologie et sagesse, chaque jeudi à l’heure du déjeuner.
Peut-être que cette rentrée sera aussi l’occasion de vous demander, avec douceur : non pas « comment vais-je réussir à tout faire ? », mais simplement « comment ai-je envie de vivre cette nouvelle saison ?
