Logotype Amélie Belgrand - Accompagnements et présence thérapeutique en France et en Suisse

TRANSITION DE VIE

Se sentir perdu(e) : Ecouter ce qui cherche à changer en soi

Il y a des périodes où les réponses que nous avions ne nous suffisent plus. Les questions, elles, commencent alors à prendre davantage de place.

On continue pourtant à avancer. On travaille, on s’occupe de sa famille, on remplit ses journées. De l’extérieur, tout semble parfois aller à peu près bien. Et pourtant, quelque chose en nous cherche à être entendu.

Cela peut arriver après un licenciement, une séparation, le départ des enfants, une maladie ou un changement que nous n’avions pas choisi. Mais parfois, il n’y a même pas d’événement précis. Simplement cette sensation de ne plus être tout à fait en accord avec la vie que l’on mène.

C’est ce qui est arrivé à une femme que j’accompagne. Son licenciement avait d’abord été vécu comme un choc et une injustice. Puis, peu à peu, il l’a amenée à remettre en question beaucoup plus que son travail. Que voulait-elle vraiment ? Dans quel environnement avait-elle envie de vivre ? Qu’est-ce qui avait encore du sens pour elle ? Et surtout, avait-elle réellement envie de retrouver exactement la même vie qu’avant ?

Elle était perdue.

Et cette sensation était inconfortable. Très inconfortable même.

Pourtant, se sentir perdu dans une phase de transition est si courant. Lorsque nos repères habituels disparaissent ou ne nous correspondent plus, il est assez naturel de ne plus savoir quelle direction prendre.

Ce qui va faire la différence n’est peut-être donc pas le fait de se sentir perdu, mais la réponse que nous apportons à ce sentiment.

Allons-nous chercher immédiatement à le faire disparaître, à prendre une décision, à remplir le vide ? Ou pouvons-nous accepter, au moins pendant un temps, de ne pas savoir ?

Et si cette sensation était aussi un signal ?

Quand nos anciens repères ne suffisent plus

Nous aimons avoir une carte. Savoir où nous allons, connaître les étapes, avoir des objectifs, pouvoir anticiper. Cela nous rassure.

Mais il arrive que la carte que nous avions ne corresponde plus au territoire dans lequel nous nous trouvons.

Nous avons changé. Les circonstances ont changé. Nos priorités ont changé. Et pourtant, nous continuons parfois à nous orienter avec les mêmes repères qu’avant.

C’est souvent à ce moment-là qu’apparaît cette impression d’être perdu.

Nous pouvons alors avoir le réflexe de chercher rapidement une solution : changer de travail, commencer une formation, prendre une décision, remplir l’agenda. Tout cela peut être nécessaire. Mais parfois, avant de choisir une nouvelle destination, nous avons besoin de nous arrêter.

Faire une pause n’est pas perdre son temps. Ne pas savoir immédiatement n’est pas être incapable d’avancer.

C’est parfois simplement reconnaître que quelque chose est en train de changer.

Et dans ces périodes, être entouré des bonnes personnes peut faire une grande différence. Des personnes avec lesquelles nous pouvons réfléchir sans être immédiatement poussés vers une solution. Des personnes qui nous aident à nous questionner et à entendre ce que nous n’arrivons peut-être pas à entendre seuls.

Jung et les deux grandes parties de la vie

Carl Gustav Jung évoque, dans sa réflexion sur le développement de la personne, une différence entre la première et la seconde partie de la vie. La première est davantage tournée vers la construction de soi dans le monde : trouver sa place, construire une famille, développer une activité professionnelle, acquérir une certaine sécurité, répondre aux attentes de la société et de notre entourage.

Puis vient parfois un moment où ces repères extérieurs ne suffisent plus.

Les questions changent. Qui suis-je réellement ? Qu’est-ce qui a du sens pour moi aujourd’hui ? Qu’ai-je envie de transmettre ? Qu’est-ce que je souhaite encore vivre ?

Jung parle alors d’un mouvement vers davantage de conscience, vers une rencontre plus profonde avec soi-même.

Cette idée résonne profondément avec mon propre chemin. J’ai longtemps été très dans le mental, avec une grande envie de comprendre, d’analyser, de mettre du sens sur les choses. Comprendre était pour moi une manière de me rassurer et d’avancer.

Et puis, progressivement, j’ai découvert qu’il ne suffisait pas toujours de comprendre.

Cela aurait été trop simple. Il y avait aussi à ressentir. À revenir au corps. À écouter les sensations. À être davantage présente à ce qui se passe ici et maintenant. Et pouvoir observer que le mental nous éloigne de l’instant et bloque toute évolution ou changement.

Écouter les signaux plutôt que chercher immédiatement la solution

Lorsque nous nous sentons perdus, nous avons souvent envie de retrouver rapidement une direction. Mais avant de chercher une nouvelle destination, nous pouvons peut-être nous demander ce que cette période vient nous signaler.

Notre corps parle parfois avant que notre tête ait compris.

Une fatigue persistante, une tension dans le ventre, une sensation d’oppression, un manque d’élan, des nuits où les pensées tournent sans trouver de réponse… Ces sensations ne nous donnent pas nécessairement une solution toute faite. Elles peuvent cependant nous inviter à porter attention.

Quelque chose en moi demande-t-il à être entendu ?

Qu’est-ce qui ne me convient plus ?

Qu’est-ce que je suis en train de vivre et que je n’ose peut-être pas encore regarder ?

Et surtout, qu’est-ce qui est important pour moi aujourd’hui ?

Il arrive que nous cherchions longtemps une solution à un problème alors que la véritable question est ailleurs.

Revenir à nos valeurs plutôt qu’à nos objectifs

C’est une distinction qui me semble particulièrement importante.

Nous avons souvent appris à construire notre vie autour d’objectifs : réussir ses études, trouver un bon travail, acheter une maison, se marier, avoir des enfants, obtenir une promotion…

Ces objectifs peuvent être importants et désirables. Mais que se passe-t-il lorsqu’ils sont atteints et que nous ne nous sentons pas pour autant plus heureux ou plus en accord avec nous-mêmes ?

L’ACT nous invite à regarder aussi du côté des valeurs.

Une valeur n’est pas une destination à atteindre. C’est une direction dans laquelle nous pouvons choisir d’avancer, instant après instant, jour après jour.

Je peux vouloir être une personne plus présente dans mes relations, plus calme, plus aimante, plus généreuse. Je peux avoir envie de prendre davantage soin de mon corps, de cultiver ma créativité ou de donner davantage de place à ce qui me nourrit.

Ce sont des directions de vie.

Une transition peut devenir un espace de réorientation

Pour cette femme confrontée à son licenciement, la question n’était finalement pas seulement de retrouver un emploi.

Bien sûr, elle avait besoin de travailler et de retrouver une certaine sécurité. Mais quelque chose de plus profond s’était ouvert.

Elle pouvait regarder la manière dont elle avait construit sa vie professionnelle jusque-là. Ce qu’elle avait accepté. Ce qu’elle avait aimé. Ce qui l’avait épuisée. Ce qu’elle ne voulait plus reproduire.

La transition devenait alors un espace de réorientation.

Pas une parenthèse vide entre deux vies, mais un moment pour faire une pause, écouter les signaux et discerner ce qui avait réellement de l’importance pour elle.

Nous avons parfois besoin de ces périodes de flottement pour nous rendre compte que nous étions peut-être allés très loin dans une direction sans nous demander si elle était encore la nôtre.

Cela ne signifie pas qu’il faut tout quitter à la première difficulté. Mais les inconforts et les remises en question peuvent parfois nous inviter à regarder notre vie avec davantage de conscience.

Retrouver sa boussole intérieure

Je crois que nous avons parfois moins besoin d’une réponse que d’une boussole.

Une carte nous indique où aller. Une boussole nous aide à retrouver notre direction lorsque nous ne savons plus très bien où nous sommes.

Cette boussole peut être constituée de nos valeurs, de nos ressentis, de notre expérience, de notre intuition, mais aussi des personnes qui nous entourent et nous permettent de voir plus clair.

Nous n’avons pas besoin de savoir exactement où nous serons dans cinq ans. Nous pouvons commencer par regarder ce qui compte aujourd’hui.

Quelle relation ai-je envie de nourrir ?

Quelle place ai-je envie de donner à mon corps et à ma santé ?

Qu’est-ce qui me donne de l’énergie ?

Quelle manière d’être avec les autres ai-je envie de cultiver ?

Qu’est-ce que je ne veux plus sacrifier ?

Et peut-être cette question, qui revient souvent dans mes accompagnements :

« Quelle personne ai-je envie d’être, même lorsque les difficultés ou les inconforts sont là ? »

Cette question nous ramène au présent. Elle nous redonne une possibilité d’agir, même lorsque nous ne pouvons pas encore changer les circonstances.

Nous aimerions souvent que les périodes de transition soient rapides : trouver la réponse, prendre la bonne décision, repartir.

Mais certains passages demandent du temps.

Se sentir perdu n’est pas nécessairement un échec. C’est parfois le signe que notre ancienne carte ne suffit plus et qu’une nouvelle manière de nous orienter est en train d’émerger.

Alors, si vous traversez aujourd’hui une période de transition, si votre vie professionnelle ou personnelle ne vous ressemble plus tout à fait, peut-être n’avez-vous pas besoin de trouver immédiatement la bonne direction.

Peut-être avez-vous d’abord besoin de faire une pause. De vous entourer de personnes avec lesquelles vous pouvez vraiment vous questionner. D’écouter les signaux de votre corps et de votre vie. Et de revenir à ce qui compte pour vous, non pas seulement sous la forme d’objectifs à atteindre, mais comme des directions dans lesquelles vous avez envie d’avancer.

C’est l’esprit de mon accompagnement Chemin de Clarté : créer un espace pour prendre du recul, écouter ce qui se passe en vous et retrouver progressivement une cohérence entre votre vie, vos aspirations profondes et vos valeurs.

Il ne s’agit pas de vous donner une nouvelle carte toute faite.

Plutôt de vous accompagner pour retrouver votre propre boussole.

Et peut-être découvrir que, même lorsque nous avons l’impression de nous être perdus, quelque chose en nous sait déjà dans quelle direction regarder. 

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